« Nous sommes dans une situation de détresse, nous avons décidé de nous mettre en grève. » Denis Bardou, gynécologue-obstétricien à la maternité d’Esquirol à Saint-Maurice, ne cachait pas la gravité de la situation hier au cours d’une assemblée générale en présence notamment des syndicats SUD et CGT.

« Fin avril, la direction a supprimé brutalement deux postes de médecins assurant les fonctions d’internes sur les quatre attendus début mai. De fait, les médecins sont obligés de les remplacer dans leurs différentes fonctions pour garantir la sécurité des patientes. Si on assure une assistance au bloc opératoire, il faut annuler les consultations. » Ils ont alerté l’agence régionale d’hospitalisation et le Ddass.

Dans le secteur de la psychiatrie, la situation n’est pas plus brillante.

Plaintes contre le directeur logo

« Nous avons perdu quatorze postes médicaux, ce qui met en péril la qualité, la continuité et la sécurité des soins » a rappelé Gérard Bourcier, le président de la CME (commission médical d’établissement).

« Nous sommes inquiets des conséquences pour les malades », a renchéri Lola Fourcade, représente des internes en psychiatrie. A partir d’aujourd’hui, ils n’assureront plus les gardes médicales.

Tous se plaignent de l’absence de dialogue avec la direction des hôpitaux de Saint-Maurice, dont dépend l’hôpital Esquirol. Cette difficulté s’est confirmée lorsque des médecins et des membres du personnel ont voulu discuter avec le directeur.

Ce dernier a quitté brusquement la salle, bousculant violemment trois personnes pour forcer la passage. Elles se sont rendues au commissariat pour déposer plainte et faire constater les blessures. Le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) a demandé une réunion d’urgence.

La présidente du Conseil d’administration a demandé que « touts la lumière soit faite sur cet incident ». Hier soir, le directeur des hôpitaux de Saint-Maurice n’était pas joignable.

Hélène Bréault

01/06/2007

Le Parisien 94