D'UN CÔTÉ, des parents indignés qui pestent contre des méthodes de « cow-boys». De l'autre, un commissaire qui défend des gestes « réglementaires » pour se sortir d'une « situation dangereuse ».

Au lendemain d'une intervention qui a vu les policiers faire usage d'une grenade de défense et de flash-balls, blessant quatre personnes dont trois jeunes, au coeur du quartier Liberté à Maisons-Alfort, la tension n'est pas retombée dans la cité.

Hier, à 18 heures, une quinzaine de parents qui avaient déjà protesté devant le commissariat la veille se sont retrouvés au pied de la tour, à l'endroit même où se sont déroulés les faits. Ils envisagent de se rendre cet après-midi à la mairie de Maisons-Alfort pour dire leur incompréhension. Il est 20 h 45, lundi soir, quand les policiers interviennent.

Les hommes de la brigade anticriminalité viennent d'interpeller un jeune de 17 ans, « hyper-connu » des services de police et soupçonné de vol avec violence de deux motos et d'un quad. Pour procéder à l'arrestation dans la cité, ils appellent en renfort trois hommes des unités mobiles de sécurité. « Ce sont ces trois fonctionnaires qui ont été encerclés par une trentaine de personnes, raconte le commissaire de Maisons-Alfort. Ils n'ont pas eu d'autre choix, après les sommations d'usage, de lancer une grenade pour disperser les gens.

Ensuite, alors qu'ils regagnaient leur véhicule, une pierre est tombée près d'eux et ils ont tiré au flash-ball. Une boule de pétanque a ensuite été lancée et ilsont à nouveau tiré. L'usage était justifié : il y avait une vraie situation de danger. »

"Avant qu'ils ne tirent au flash-ball, il n'y avait pas eu un seul projectile lancé"

Du côté des habitants de la cité, la version est sensiblement différente. Jalel Kefi, 52 ans, a suivi la scène « de bout en bout ». « Quand ils ont lancé la grenade, il n'y avait aucune menace, assure-t-il.

Ils ont simplement dit : Dans trente secondes, on lâche la bombe et ils ont compté jusqu'à trois avant de lancer la grenade sous la voûte de la cité. Et avant qu'ils ne tirent au flash-ball, il n'y avait pas eu un seul projectile lancé. » Parmi la foule réunie hier soir, Tania Carola, 33 ans, dont le fils de 13 ans qui allait acheter du pain a reçu un tir de flash-ball dans la jambe.

« Il est choqué, il ne veut plus sortir », explique-t-elle. Autres blessés : deux jeunes majeurs et une femme de 55 ans. « Nous respectons les policiers qui font leur boulot avec professionnalisme, fait valoir Nasser, 49 ans, père de deux enfants. Mais lundi, on a eu affaire à deux tocards, deux gamins qui utilisaient leurs armes comme des jouets. »

Julien Duffé

Le Parisien , mercredi 06 juin 2007

Le Parisien