Une chenille urticante qui peut provoquer, dans les cas les plus graves, oedèmes, difficultés respiratoires, accidents oculaires... De quoi inquiéter la direction des parcs et jardins de la Ville de Paris qui a fermé en urgence cinq hectares du jardin sur les trente et un. Heureusement pour les amateurs de jazz, les pelouses entourant la scène sont épargnées car les Thaumetopoea processionea ne s'installent que dans les chênes, à plusieurs mètres de hauteur.

Le problème est que ses poils urticants, qui mesurent mois d'un quart de millimètre, peuvent être emportés par le vent, se ficher dans la peau et se casser par frottement, libérant le venin dans le sang.

En priorité, les forestiers du parc ont nettoyé les secteurs très fréquentés par les enfants : l'aire de jeux, le théâtre astral et le théâtre de Guignol. Et maintenant, ils arpentent plusieurs fois par semaine les allées pour retirer un à un les cocons des futurs papillons. « Quand nous nous sommes rendu compte de cette invasion, il était trop tard pour utiliser le pesticide, le bacille de Thuringe, explique Pascal Bras, le patron des bûcherons du parc. En plus, il aurait fallu les verser par avion, ce qui était difficile... »

Du coup, protégés par des masques, des lunettes et des combinaisons étanches, les jardiniers volontaires se hissent vers les cimes grâce à des nacelles pour éliminer à la main ces chenilles néfastes.

Pas cantonnées au Parc floral

Jusqu'à présent, la présence de ces insectes n'a pas fait fuir le public du parc. « On a appris le problème juste en arrivant, témoignait Lætitia, institutrice d'une classe de CE 1 dans le XIX e , venue avec sa classe lundi dernier. J'ai juste donné la consigne aux enfants d'éviter les bandes rouges et blanches et de ne pas toucher les chenilles s'ils en voyaient par terre. »

Ces colonies de chenilles processionnaires ne se sont pas cantonnées au Parc floral. « Il y en a bien sûr aussi dans d'autres espaces verts de la région, comme dans le bois de Vincennes. Mais, pour des raisons mystérieuses, la densité de cocons dans le bois est beaucoup moins importante », précise Pascal Bras.

D'ici à trois semaines, une fois que les papillons auront éclos, le danger sera réduit. « Même si la présence de poils dans les nids continuera d'être problématique », pronostique Alain Roques, directeur de recherche à l'Inra - Institut national de recherche agronomique.

Par agence