L'enfance, le foot, les Antilles, le zouk, un « second père » en commun : c'est autour de tout ça que l'amitié qui unit les deux attaquants s'est construite au fil des ans. « Nous sommes comme deux frères », disent les deux minots de Charenton.

La grande famille de Charenton

Ce sont des amis d'enfance. Ils n'ont donc pas besoin de longtemps, lorsqu'ils se revoient - « dès qu'on le peut » -, lorsqu'ils se téléphonent - « au moins une fois par semaine » -, ou lorsqu'ils passent leurs vacances ensemble comme « les dernières en Martinique et en Guadeloupe », pour voir défiler les délicieuses images de leur enfance puis de leur adolescence passées en région parisienne. « Richard est Antillais comme moi, cela nous a rapprochés », explique Piquionne. « Mes parents ont toujours considéré Fred comme un de leurs enfants. Charenton, ce sont de merveilleux souvenirs. Ce club était une vraie famille où tous les parents et les enfants se retrouvaient au goûter après les matchs. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si je revois toujours tout le monde quand je rentre. Et nous avons souvent Claude Landry au téléphone, notre entraîneur pendant tout ce temps. C'est notre deuxième père », raconte Socrier. « Celui qui nous a mis dans le droit chemin », répond Piquionne.

foot« Richard jouait en 10 »

Aujourd'hui retiré en Ariège, « au pied de la montagne », comme il dit, l'éducateur d'origine antillaise se souvient de tous ces jeunes de Charenton dont « beaucoup auraient pu être pros. Avec moi, Richard jouait en nº 10. Il marquait déjà beaucoup de buts mais il a toujours manqué de vitesse, c'est comme ça. Fred, lui, aurait pû être champion d'athlétisme ou de basket car il smashait déjà à 13 ans ». Mais, pour ce « second père », le foot n'était pas tout, l'école comptait aussi beaucoup. « Fred était d'ailleurs très bon en maths et il a arrêté quand il a raté son bac. Richard, lui, l'a eu puis un DUT derrière. Je suis d'ailleurs aussi content de voir Richard et Fred sur le terrain que de savoir que d'autres ont un job : l'un est ingénieur en Espagne, un autre dessinateur... »

« On est des zoukeurs »

Tous les deux, Piquionne un avant Socrier, sont ensuite partis au Paris FC. « Ni l'un ni l'autre n'avons fait de centre de formation », dit Piquionne, en se souvenant de « quelques titres de champion du Val de Marne ». « Nous n'avions jamais pensé être pro, le PFC, c'était déjà grand pour nous », rajoute Socrier. Leur truc, aussi, c'est le zouk. Des Antilles aux boîtes parisiennes, « on est des zoukeurs ». Au programme ce soir, ce sera plutôt une valse à mille temps où les images de ces vertes années vont se bousculer dans leur tête. « Brest contre Monaco, j'en étais sûr, je l'avais dit à Richard. Mais j'aurais quand même préféré que ce soit lui qui vienne », avoue Piquionne en rigolant. Pendant le match, à Charenton, beaucoup regarderont l'écran avec un regard d'enfant. Pas Claude Landry : au pied de sa montagne, il n'a pas la télé.

Par Thom - extrait d'un article du Télégrame

pour la photo>>Richard Socrier (debout, deuxième en partant de la gauche) et Frédéric Piquionne (assis au centre) sous le maillot des poussins de Charenton. (Photo DR/Remerciements à MM. Dron, Landry, et Cron)