Comme chaque matin de cette année 2020, à l'est de Paris, l'autoroute A4 est embouteillée. Les automobilistes, coincés dans leurs voitures qui roulent au pas, regardent avec une pointe d'envie passer au-dessus d'eux les cabines du transport en commun par câble, dont les pylônes ont été installés sur le terre-plein central. Se succédant toutes les 20 secondes, elles vont déposer leurs passagers à la nouvelle station du RER - appelons-la Abbé-Pierre -, lequel les emmènera directement à la Défense.

Cette situation n'existe pas encore. Mais, d'ici à 2011, la première ligne de ce téléphérique urbain de grande capacité pourrait entrer en service à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne). Elle y relierait le sud de la ville au futur terminus de la ligne 8 du métro, à Créteil, après son prolongement via Les Temps durables : un quartier prochainement construit, que le maire, Joseph Rossignol, veut écologiquement exemplaire.

D'une capacité de 8 personnes chacune, ce sont 58 cabines qui, en onze minutes au total, parcourront les 2,8 km de la ligne, à des hauteurs variables en fonction de la topographie. Elles transporteront 1 500 personnes par heure dans chaque sens, avec la possibilité de doubler ce chiffre. Le système sera alors au maximum de ses capacités. Les passagers descendront dans les gares à hauteur du premier étage, le rez-de-chaussée étant occupé par la billetterie et des boutiques.

L’un des ingénieurs du projet, travaillant sur la faisabilité de celui-ci explique que "relier un quartier A à un quartier B", mais de rabattre les voyageurs "vers d'autres systèmes plus importants dont il serait une antenne".

Particulièrement économique, ce moyen de déplacement n'existe pas encore en Europe. Connu sous le nom de MétroCable, il a en revanche déjà fait son apparition dans la ville colombienne de Medellin. Des télécabines urbaines y ont été installées en 2004, et d'autres villes d'Amérique du Sud (Rio de Janeiro, Caracas, Lima) s'y intéressent.

Pour Veolia, la réalisation du téléphérique de Limeil-Brévannes, dont le coût est estimé à 15 millions d'euros, pourrait ainsi constituer à la fois un laboratoire et une vitrine, lui permettant de viser les marchés français et étrangers.

Par Scrubs